« Aujourd’hui, encore, des personnes fuient leurs pays. Sur la route de l’exil, ils cherchent un lieu de refuge. La question de leur accueil préoccupe plus ou moins les institutions et les Nations. En France, les exilés suspects sont enfermés dans des Centres de Rétention administrative.. Et si la situation des réfugiés pendant la Seconde Guerre mondiale reste particulière, les réfugiés d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux d’hier : ils cherchent un endroit où ils peuvent vivre en paix. » Florence Delzons
……………….PodCast dédié à Juanin Vaz Aranjaez…………………
Historienne, Florence Delzons s’est penchée durant huit années sur un chapitre sensible et encore peu exploré de notre Histoire. Son enquête interroge la manière dont une société accueille, protège, surveille ou rejette celles et ceux que l’on désigne soit exilés ou réfugiés, soit suspects ou indésirables.
Au fil de ses recherches, l’historienne met au jour des archives et des trajectoires humaines qui renvoient à une interrogation plus large : celle de notre rapport à l’obéissance et à la responsabilité individuelle. Car derrière les décisions administratives et les circulaires, se dessine une question centrale : comment réagir face à des ordres qui exigent de dénoncer, d’exclure, voire d’envoyer d’autres êtres humains vers la mort ?
Le cœur de son travail porte un titre volontairement interrogatif : « L’Aveyron, terre de refuge pendant la Seconde Guerre mondiale ? ». Le point d’interrogation en dit long. Car si le département a accueilli des populations déplacées, l’histoire qu’exhument les archives révèle une réalité bien plus ambivalent
Merci à Jacques BON pour » l’entremettage »
Merci à MariLou et Bertrand pour le studio d’enregistrement
Couleur Musicale:
- Aie Carmela
- The Partisan (Marly-d’Astier-Cohen), par Pepa Moricet
- Le Chant des Marais, par Mouloudji
- Douce france; Charles Trenet-Rachid Taha
Dès la première minute, le préfet Jean Moulin a accueilli, en personne, en gare de Rodez les premiers espagnols, envoyés depuis les camps frontaliers, dans les différents départements (source presse aveyronnaise de février mars 1939). Lorsque, juste avant la guerre, le gouvernement exigea le recensement des élus communistes, il refusa de constituer et transmettre les listes (source Madeleine Capus).
De nombreux soldats républicains espagnols furent internés au camps du Larzac. Dans les premiers temps, le commandement militaire et les soldats français du camp, les accueillirent fraternellement, mais les conditions d’internement, changèrent totalement avec le gouvernement de Vichy (archives départementales).
Sur le Bassin de Decazeville, la police aux ordres de Vichy, commissaire Roche, en tête, n’avait de cesse de répertorier les espagnols, républicains, anarchistes et communistes et de surveiller leurs allées et venues. De nombreuses listes étaient constituées et transmises en Préfecture pour, surveillance, arrestation ou déplacement (Archives départementales)
Merci beaucoup pour ces précisions !!
Bonjour,
Je vous remeecie pour tous ces renseignements. Je ne savais pas pour le commissaire Roques.
Pour le reste, beaucoup est dans ma thèse.
Les Espagnols n’ont pas été seulement regroupés dans le camp du Larzac qui était un camp de Groupement de Travailleurs Etrangers et pas un camp d’internement. Il y avait d’autres GTE en Aveyron…
Et oui étrangers, communistes et autres membres d’organisations politiques étaient surveillés… même sous la IIIeme République…
Belle émission, fort appréciée de par le sujet qui me touche forcément. Intolérable l’attitude de l’évêque Chailliol et dire qu’il présida le 20/08/44 les funérailles des 30 victimes de Ste Radegonde… Et quel plaisir de retrouver la voix de Pepa chantant la complainte du Partisan !
Je complète en disant qu’Hervé, l’auteur du commentaire ci-dessus, est le cousin d’Albert Thévenon membre du Maquis de Bouscalous (Groupe Albert Thévenon) , composé à l’initiative de quatre réfugiés de la Tour du Pin (Isère), d’un réfugié montpellierain et d’un réfugié parisien. Leur histoire est à retrouver sur ce site: https://www.dissonances.ovh/avoir-20-ans-en-1944-le-maquis-du-bouscalous/
Merci infiniment Joseph !
Bonjour,
Joseph a eu la gentillesse de me faire visiter le Bouscalous…
Je parle d’Albert et de ses camarades dans ma thèse… Leur histoire m’a profondément touchée…
Au plaisir de vous rencontrer !