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« Je n’aime pas ma voix. » Combien de fois avons-nous entendu ou prononcé cette phrase ? Car une voix n’est jamais seulement un son : elle raconte une histoire.

Dès l’enfance, certains apprennent à parler doucement, à ne pas prendre trop de place. Peu à peu, les mots se retiennent et une part de soi se met en silence.

Pourtant, la voix ne ment pas. Elle tremble, s’éclaire, s’assombrit. Elle révèle ce que nous sommes parfois avant même que nous trouvions les mots.

Que se passe-t-il lorsque l’on ne reconnaît plus sa propre voix, lorsqu’on la croit trop faible ou sans valeur pour être entendue ?

Notre invitée, Marie-France de Bridiers, musicienne, chanteuse, chef de chœur, pédagogue et formatrice, a consacré sa vie à cette question.

Avant d’aider les autres à retrouver leur voix, elle a dû retrouver la sienne. Le silence imposé, l’abandon d’une carrière lyrique, puis la force de recommencer autrement.

Pour elle, chanter, ce n’est pas seulement produire de belles notes. C’est réconcilier le corps et l’émotion, et retrouver cette « voix naturelle » qui sommeille en chacun.

Elle partage cette approche dans son livre J’aime pas ma voix… Bien dans sa voix, bien dans sa vie, publié aux éditions Gereso, où elle invite chacun à ouvrir son propre chemin vers une voix plus libre.

Pendant cette heure, en compagnie de Marie-France de Bridiers, nous parlerons d’identité, de souffle, d’émotions, de confiance et de ce que le chant peut réparer en silence.

Et peut-être découvrirons-nous qu’oser sa voix, ce n’est pas seulement apprendre à chanter, mais apprendre à être pleinement soi.

Couleur musicale :

-« Au renouvel du temps », par l’ensemble Aquila,  direction Marie-France de Bridiers et Didier Bucherre;

-Extraits du spectacle donné par l’ensemble vocal  » Les voix de Creissels «  en Aveyron, juin 2026.

Pour aller plus loin :

voixnaturelle.comhttps://www.voixnaturelle.com/marie-france-de-bridiers/

Nous vivons dans une société où l’on s’écoute très peu mais où l’on se juge énormément. Penses-tu que, Marie-France, nous soyons devenus des censeurs de notre propre voix ? Et comment sortir de cette autocensure ? 

L’auto-jugement fait partie des choses les plus nocives à l’être humain et au chant. De plus, être censeur de sa voix est une très mauvaise idée, car nous n’avons pas la même image de notre voix que la personne qui nous écoute. En effet, nous nous entendons par l’oreille interne et externe, alors que l’autre n’entend notre voix que par son oreille externe. Il en résulte que nous n’avons pas le même son dans l’oreille. La personne qui se juge avoir « une voix grave » par exemple, se trompe la plupart du temps. L’auto-jugement ne sert à rien. C’est d’ailleurs grâce au lâcher prise par rapport à cet auto-jugement qu’on peut qualifier le travail vocal de thérapeutique.
On sort de cette censure au fur et à mesure que la confiance en soi s’installe tout simplement. L’amour de sa voix, le plaisir qu’elle nous donne aide aussi.  

Marie-France, après toutes ces années de recherche, d’enseignement et de concerts, si tu pouvais transmettre une seule conviction à quelqu’un qui dit aujourd’hui : « Je déteste ma voix », que lui répondrais-tu ?

Commence à chanter, pas dans le but de performer et surtout pas de ressembler à une idole quelconque, mais juste en décidant de découvrir une chose inconnue, ta propre voix, sois prête à être surprise, ne t’attends à rien, laisse venir, et goûte la nouveauté ! Aimer sa voix c’est déjà un petit peu s’aimer soi.

Musique du générique: ELIO, Zaragraf (Absoloute Romanticno)

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